Un spectacle et trois lectures
: avec Peter Turrini, le temps de la consommation qui crée la précarité et met
fin à la lutte des classe ; avec Thomas Köck, le temps des affrontements
religieux et interculturels ; avec Fanny Sorgo, l’ère de la dislocation de la
société dans un monde promis à la perte, et avec Katharina Köller, la
projection dans un futur résolument féministe et individualiste. Double regard
: celui du déjà connu Peter Turrini et ceux de la toute jeune génération qui,
malgré l’éclatante modernité de leur écriture, sont tous les trois ancrés dans
les traditions littéraires et théâtrales, notamment viennoises.
Rares sont les auteurs comme Dirk Laucke, fils d'un militaire est-allemand, qui rendent compte de façon aussi aiguë des conséquences, 20 ans après, de la chute du communisme en Allemagne. Et rares sont ceux qui le rendent dans une dramaturgie aussi novatrice et un style aussi cruellement drôle. Là où les petites histoires baignent dans la grande, les personnages nagent du mieux qu'ils peuvent pour rejoindre une rive qui s'éloigne toujours plus.
Pas pour tout le monde, traduit de l’allemand par Laurent Muhleisen et Jakob Schumann s'inscrit dans les pièces les plus lucides sur le destin d'une Europe qui n'en finit plus de faire ses deuils, de cultiver ses nostalgies, de rêver à l'impossible, dans un monde « mondialisé »qui chaque jour semble être plus proche de dévorer notre vieux continent.