Écriture

  • Pays d'origine : U.K.
  • Titre original : born bad
  • Date d'écriture : 2003
  • Date de traduction : 2012

La pièce

  • Genre : drame
  • Nombre d'actes et de scènes : 14 scènes
  • Décors : 6 chaises
  • Nombre de personnages :
    • 6 au total
    • 2 homme(s)
    • 4 femme(s)
  • Durée approximative : 1h15
  • Création :
    • Période : 29 avril 2003
    • Lieu : Hampstead Theatre, Londres
  • Domaine : protégé

Édition

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Résumé

La fille aînée d’une famille noire vient demander des comptes. À sa mère. À ses deux sœurs. À son frère. Et à son père. Il s’agit de nommer ce qui s’est passé pendant l’enfance. Il s’agit de se souvenir. Il s’agit pour FILLE-DE de retrouver sa place.
Qui savait quoi ? Qui a choisi qui ? Qui peut aujourd’hui le dire ?
Autour de l’inceste du père – qui, malgré l’injonction liminale, « dis-le », ne sera jamais nommé – viennent s’articuler toutes les trahisons, passées et présentes. Celle de la mère : a-t-elle fermé les yeux, pris les devants pour protéger ses autres enfants, ou simplement laissé tomber le fruit pourri ? Celle des sœurs, qui se réfugient pour l’une dans une religiosité amnésique, pour l’autre dans un déni agressif. Celle enfin du frère, la pire trahison de toutes peut-être — avoir été lui aussi victime. Avoir été, peut-être, le préféré.

Regard du traducteur

Loin du décor réaliste d’un drame familial accoudé au formica, le lieu de l’affrontement des personnages est ici la langue même. Présents sur le plateau pendant toute la pièce, dans un espace quasi abstrait, il y a ceux qui parlent et ceux qui se taisent. S’il arrive que les corps se touchent, ou tentent de se toucher, la chair n’a plus sa place là où elle a tout dévasté. Ne restent que les mots pour s’atteindre, se blesser, se prouver que, malgré tout, on existe. Les mots pour que chacun déballe sa vérité, celle qui lui est indispensable pour tenir encore debout. Les mots pour éviter toujours de dire ce qui pourrait pourtant permettre de reconstruire. Car dans cette guerre des subjectivités, le non-dit reste l’arme absolue.

La langue de Debbie Tucker Green emprunte au parler noir de la rue londonienne ses influences jamaïcaines, sa violence urbaine, ses répétitions obsessionnelles. Mais c’est une langue qui s’invente en permanence, ludique et savamment malmenée, lyrique dans sa brutalité, à la fois torrentielle et dégraissée.
Une langue-défi pour le traducteur comme pour l’acteur.
Une langue éminemment théâtrale qui exige d’être dite.