Vie et mort de H, pique-assiette et souffre-douleur

de Hanokh Levin

Traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz

Écriture

  • Pays d'origine : Israël
  • Titre original : Hefetz
  • Date d'écriture : 1972
  • Date de traduction : 2010

La pièce

  • Genre : comédie absurde
  • Nombre d'actes et de scènes : 2 actes-21 scènes
  • Décors : multiples (salon, chambre, café, rue...)
  • Nombre de personnages :
    • 8 au total
    • 5 homme(s)
    • 3 femme(s)
  • Durée approximative : 2h
  • Création :
    • Période : 1972
    • Lieu : Théâtre de Haifa à Tel-Aviv
  • Domaine : protégé : agent Althéa

Édition

Résumé

Chez les Boubel, chacun était à sa place, monsieur Boubel et sa femme Emnopé si bien installés dans leur confortable vie de petits bourgeois qu’ils se payaient même le luxe d’héberger depuis des années un drôle d’individu nommé H, le genre pique-assiette infantile dont l’utilité était essentiellement de servir de faire-valoir à leur bonheur conjugal. Tout bascule le jour où H apprend que Fogra, leur merveilleuse, leur sublime fille, objet secret de tous ses rêves, va se marier. Pour exprimer sa révolte de ne pas avoir été invité au mariage, il se saisit d’une paire de ciseau et coupe une mèche de cheveux sur la nuque de madame. Cet acte téméraire chamboule l’étrange équilibre de ce microcosme où Levin a rassemblé des personnages plus décalés les uns que les autres : la fille (insupportable) va se marier en petite tenue mais avec un chapeau d’aviateur sur la tête ; la mère et le père échangent leur costume et s’adonnent à des jeux de rôles ridicules et pervers ; H s’obstine à se balader avec une blouse de coiffeur, il en perd son ami hypocondriaque et la serveuse de bar (ni belle, ni fraîche) qui l’aimait en secret. Tout ce petit monde ne pourra être réconcilié que par le suicide (presque raté) de H.

Regard du traducteur

Œuvre de jeunesse puisqu’il s’agit de la deuxième pièce de théâtre de Hanokh Levin, ce texte est extrêmement intéressant parce qu’on y trouve en germe de nombreuses comédies à venir. Les influences de Feydeau et du théâtre de l’absurde sont ici très évidentes, et bien que l’écriture soit déjà singulière, on sent que l’auteur ne s’est pas encore totalement émancipé de ses maîtres. La fantaisie totalement lévinienne apparaît là dans sa version loufoque due (peut-être) au jeune âge de l’auteur, tandis que la hiérarchisation des relations entre les êtres qui se disputent le droit au bonheur montre déjà une grande maturité. Les personnages peuvent être décryptés à la fois selon un code politique (Fogra a exactement l’âge de l’Etat d’Israël) et existentiel.