Reine de la salle de bains

de Hanokh Levin

Traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz

Écriture

  • Pays d'origine : Israël
  • Titre original : Malkat ambatya
  • Date d'écriture : 1970
  • Date de traduction : 2004

La pièce

  • Genre : satire politique
  • Nombre d'actes et de scènes : texte court en un acte
  • Nombre de personnages :
    • 5 au total
    • 3 homme(s)
    • 2 femme(s)
  • Durée approximative : 15mn
  • Création :
    • Période : avril 1970
    • Lieu : Théâtre Cameri de Tel-Aviv
  • Domaine : protégé: Althea (J.P. Engelbach)

Édition

Résumé

Parce que le Cousin n’essuie jamais le sol de la salle de bains après s’être douché, la Femme de la maison décide de lui en interdire l’accès. Le mari Doudouchni, la fille Fleishélé et le fils unissent leurs efforts et instaurent l’occupation. S’ensuit une série d’événements qui mèneront à l’avènement du Royaume du Grand Merdique Unifié. Satire d’une société (en l’occurrence israélienne) qui s’installe en tant que société d’occupation, ce texte démantèle, dans un style ubuesque, l’instauration d’une dictature en se servant de l’exclusion de l’un au (pseudo) profit des autres.

Regard du traducteur

Ce texte fait partie d’un spectacle (éponyme) de cabaret écrit par Levin en 1970, réaction directe de l’auteur à l’occupation qui fait suite à guerre 1967. Texte à « clefs » pour le public de l’époque qui reconnaissait dans chaque personnage une constituante claire de la société israélienne (la Femme n’est autre que Golda Méïr, chef du gouvernement de l’époque, le Cousin est bien sûr l’Arabe (cousin au sens biblique !) , le Mari représente les intellectuels bien pensants mais totalement impuissants) – et qui, pourtant, par le génie théâtral de Levin nous parle de l’instauration de toute dictature, où que ce soit dans le monde, et surtout de ce qui arrive à toute société qui accepte l’inacceptable. C’est que Levin sait toujours placer ses personnages dans une situation aux ressorts dramatiques d’une extrême efficacité. Maniant l’humour méchant et corrosif, il pousse l’irrévérence le plus loin possible, et, dans la jubilation de ne pas être politiquement correct, donne à entendre un théâtre politique, qui évite le didactisme et les slogans rebattus.