Écriture

  • Pays d'origine : Israël
  • Titre original : (Nora énoshi. Historia shel alimout) אלימות של היסטוריה - אנושי נורא
  • Date d'écriture : 2016
  • Date de traduction : 2018

La pièce

  • Genre : drame
  • Nombre d'actes et de scènes : 3 parties, 19 tableaux
  • Décors : Un store électrique, qui s'ouvre et qui se ferme, sépare l'intérieur de l'extérieur des différents lieux - une villa et son jardin, l'hôpital - et permet de multiplier les points de vue, des personnages mais aussi du public, sur l'action en train de se dérouler.
  • Nombre de personnages :
    • 6 au total
    • 4 homme(s)
    • 2 femme(s)
  • Durée approximative : 100 mn
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Un Noir se tient devant une magnifique villa quelque part en Israël, le regard obstinément posé sur ses habitants. Intriguée, puis sérieusement déstabilisée, Maya prie son mari Élias de « faire quelque  chose » : il est toujours là, il bloque la vue vers les collines, il gâche la beauté du paysage. Comment rester serein, comment vivre, quand il y a un Noir dans le jardin ?
La peur de l’autre et les démons qu'elle engendre sont au coeur de la pièce. Qui est ce Noir surgi de nulle part comme par magie ? Que veut-il ? Pourquoi reste-t-il muet quand on l'interroge ? Shlomo, pour qui ce Noir n'est que le premier d'une immense vague à venir qui submergera le pays tout entier, mais aussi pour « rendre service » à ses riches voisins et peut-être en tirer un avantage, va un jour passer à l'acte et tabasser l'intrus. Le Noir, très mal en point, se retrouve à l'hôpital. Méni, un médecin qui a travaillé dans une ONG en Afrique de l'Est, le soigne avec dévouement. Faute de connaître son nom, il l'a surnommé Abou Samir. Grâce à lui, Maya apprendra l’histoire tragique de ce Noir venu à pied, comme tant d’autres migrants, pour chercher du travail ou un refuge en Israël. Sa vie s'en trouvera bouleversée.

Regard du traducteur

Dans cette pièce écrite sur fond de guerre au Moyen-Orient et, plus généralement, de puissants mouvements migratoires dans le monde, Gilad Evron s’interroge sur la responsabilité que les êtres humains ont les uns envers les autres. Peut-on continuer à ignorer ce qui se passe de l'autre côté de nos frontières et imaginer que cela n’aura pas d'impact sur nos vies ?

Tout en étant ancrée dans la réalité quotidienne d'Israël, cette pièce tend un miroir à nos sociétés repues, indifférentes, aveugles ou ouvertement hostiles à ceux qui viennent frapper à leurs portes. À défaut d'une langue commune, ou de langue au sens propre du terme puisqu'un réseau de passeurs a coupé celle du migrant, le conflit revêt la forme d'une confrontation des regards, tandis que, à la manière de la tragédie grecque, la violence meurtrière se déroule hors scène.

Nolens volens, le public, c'est-à-dire nous, les spectateurs, sommes entraînés dans ce face-à-face et en devenons le témoin, grâce à un dispositif scénique minimaliste, mais d'une remarquable efficacité. Un store se lève et se baisse au fil de l'intrigue. Non seulement il partage l'espace entre un « dedans » et un « dehors », un « ici » et un « là-bas », un « entre-soi » et  « les autres », mais, tour à tour ouvert ou fermé, il change la perspective, celle des protagonistes et la nôtre, nous bouche la vue ou au contraire nous oblige à voir et, peut-être, à prendre conscience de l'humain en chaque homme et de notre impérieux devoir de solidarité.