Écriture

  • Pays d'origine : Italie
  • Titre original : Sweet Home Europa
  • Date d'écriture : 2011
  • Date de traduction : 2012

La pièce

  • Genre : Drame politique sur fond d’humour noir
  • Nombre d'actes et de scènes : 12 séquences
  • Décors : Un jardin, une cuisine, une décharge, une mer asséchée etc
  • Nombre de personnages :
    • 3 au total
    • 2 homme(s)
    • 1 femme(s)
  • Durée approximative : 1h30
  • Domaine : protégé

Édition

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Résumé

La thématique ici abordée est celle des rapports et des enjeux de pouvoir entre deux pays indéterminés, de culture différente, un pays riche et un pays pauvre. C’est un texte qui dénonce l’aberration de la conquête des pays riches sur les pays pauvres et toutes les conséquences désastreuses qu’il en résulte à l’échelle humaine, personnelle, nationale, mondiale et enfin, universelle. C’est donc un texte qui traite de l’altérité sous toutes ses formes : le racisme, la difficulté de s’insérer dans une culture différente (pour l’envahisseur comme pour l'émigrant), la perte de l’identité, des traditions, mais aussi la répétition de l’Histoire avec un grand H, l’Histoire entre les peuples, celle qui finit mal…

Regard du traducteur

Dans cette pièce, Carnevali brouille les pistes de la narration conventionnelle. Ce sont ici des variations, des petites séquences, qui évoluent, se recoupent, et se répètent dans une forme sensiblement transformée. Les personnages principaux sont l’Homme et l’Autre Homme, qui varient sensiblement aussi d’identité au cours de la pièce : L’Autre Homme demeure néanmoins celui qui a quitté son pays, et l’Homme est tantôt celui qui occupe le pays de l’Autre Homme, tantôt le père, le grand-père, l’arrière grand-père de l’Autre Homme. La femme est tantôt la mère de l’Autre Homme, tantôt une maîtresse de l’Autre Homme, tantôt l’ex-fiancée de l’Autre Homme restée au pays…
Les thématiques de l’identité, de l’Europe, déjà très présentes dans Variations sur le modèle de Kraepelin, sont ici à nouveau développées, et à des fins dénonciatrices encore plus radicales. Nous retrouvons là encore une langue et une « construction-déconstruction » narrative d’une précision implacable, une forte dimension poétique et symbolique, toujours au service de la théâtralité, mais aussi d’un propos délibérément engagé sur le sort de l’homme et du monde contemporain. Ici, la folie n’est pas la perte de la mémoire, mais la perte de repères, la perte de l’identité culturelle, de la tradition, qui conduit au même dénouement. La folie abordée ici est aussi l’argent, le pouvoir, et la cécité qu’ils engendrent. Quoiqu’il en soit, une amputation.