Nature morte. À la gloire de la ville

de Manòlis Tsìpos

Traduit du grec moderne par Myrto Gondicas

Écriture

  • Pays d'origine : Grèce
  • Titre original : Nekri fýssi. Pros dòxa tis pòlis
  • Date d'écriture : 2013
  • Date de traduction : 2014

La pièce

  • Genre : sans
  • Nombre d'actes et de scènes : pas de divisions
  • Décors : pas d’indications réalistes ; extérieur
  • Nombre de personnages : dont homme(s) et femme(s) dont homme(s) et femme(s)
  • Durée approximative : 40 mn
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Dans un temps non précisé mais qu’on devine très proche d’aujourd’hui, une ville anonyme mais qui pourrait évoquer Athènes, occupée par une armée étrangère, apprend qu’un jeune homme a été tué en pleine rue : s’ensuit une insurrection, relayée par une radio pirate. Parallèlement, une voix tout aussi anonyme interpelle un « citoyen » qu’elle invite à procéder à diverses interventions sur son propre corps (rasage, castration, changement de sexe…), tout en adressant à la ville un discours où sont détournées des formes traditionnelles de la liturgie orthodoxe. L’ensemble est ponctué de didascalies étranges qui convoquent un monde chaotique mêlant humains, animaux, objets et matériaux de toute sorte, mobilier urbain, abstractions et sentiments. La pièce se clôt sur deux tableaux à mi-chemin entre observation scientifique et fantastique où interviennent des insectes (fourmis, termites) comme une image possible d’un devenir humain différent.

Regard du traducteur

Comme dans ses autres pièces, l’auteur procède par montage, avec ici une complexité particulière. Sans cesse, nous passons d’un niveau de langue ou de réalité à un autre ; à partir de matériaux préexistants, utilisés tels quels (titres et éléments d’œuvres de Damien Hirst pour les « natures mortes » qui apparaissent comme des didascalies) ou recomposés (langue de la liturgie orthodoxe), émerge une réalité inquiétante mais familière, violente, cocasse et poétique. Une écriture jaillissante et maîtrisée, distanciée et charnelle à la fois, tresse le plus intime (le corps sexué, érotisé) avec le collectif (une crise politique totale) tandis que se construit, comme seul véritable personnage, intensément vivant, la ville, qui pourrait être n’importe quelle ville, comme un corps analogue au corps de chaque citoyen, et qui les dépasse tous.