Écriture

  • Pays d'origine : U.S.A.
  • Titre original : Tender Age
  • Date d'écriture : 2019
  • Date de traduction : 2020

La pièce

  • Nombre d'actes et de scènes : 1
  • Nombre de personnages :
    • 1 au total
    • 1 homme(s)
  • Durée approximative : 80 mn
  • Domaine : protégé - Agence MCR info@paris-mcr.com

Édition

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Résumé

Martìn est un jeune Texan d’origine mexicaine, heureux avec sa femme, et papa aimant de deux petites filles. Ses rares engagements sur des chantiers ne suffisant plus à faire vivre sa famille, il se présente pour un emploi de garde dans un supermarché transformé en centre de rétention pour migrants clandestins, sans savoir que ceux qu’il aura à garder sont des enfants qu’on a séparés de leurs parents.
Clause de confidentialité oblige, il est tenu au secret et se retrouve donc seul pour porter ce qu’il vit et voit dans ce « centre pour enfants d’âge tendre » comme les a appelés avec un cynisme rare l’administration Trump. Mais les nouvelles vont vite : vie familiale et sociale sont mises à rude épreuve, d’autant qu’il a dû accepter le service de nuit, et l’enfermement psychique guette.
Si femme et amis ne comprennent pas ce qu’ils considèrent comme une trahison, Martìn, lui, non seulement a besoin de l’argent qu’il gagne, mais il s’attache également aux enfants et ne se sent pas capable de les abandonner. Surtout lorsqu’une drôle d’épidémie se propage dans le centre, les jeunes tombant l’un après l’autre dans une (inexplicable ?) catatonie. Déterminé à sauver au moins une petite fille, une enfant sans doute si traumatisée par ce qu’elle a vécu qu’elle en a perdu la parole, il se retrouve prisonnier d’une spirale dévastatrice.

Regard du traducteur

George Brant renoue ici avec le style d’écriture choisi pour sa pièce Clouée au sol : même construction, même dextérité pour mêler intimement et sans coutures apparentes histoire intime et histoire générale. Un monologue, donc – cette fois il s’agit d’un jeune homme latino – mais pour autant ce n’est pas du théâtre récit : l’auteur nous le précise, « le personnage est dans le présent, il n’est pas dans le souvenir d’une histoire ancienne, le public est son confident, avec divers degrés de familiarité ». J’ai encore une fois été séduite par la langue rythmée, concise, concrète, par l’art avec lequel George Brant commande musicalement la restitution par les retours à la ligne et paragraphes, une écriture d’une précision redoutable – merveilleux défi de traduction pour coller au plus près de ce rythme, de ce souffle, de cette matière –, par la force de l’écriture, sensible, puissante, évocatrice, sans fioritures, avec ses accélérations, ralentissements, son économie – son humour, oui, malgré la violence du propos.
La forme et la langue sont admirablement choisies pour servir sans pathos ni complaisance le propos, dur, qui nous transporte dans un centre d’hébergement pour mineurs séparés de leurs parents (ou plutôt arrachés à leurs parents à la frontière mexicaine) et nous projette dans le quotidien et dans la tête du garde, au plus près des contraintes et contradictions que commandent la situation dans le centre et sa situation personnelle.