On est dans la villa bourgeoise du directeur d’une entreprise assez importante. Il a invité quelques-uns de ses employés ou de ses collaborateurs.
La pièce commence quand la fête se termine. Tout le monde devrait rentrer chez soi, mais personne ne le fait et c’est justement à ce moment que les un.e.s et les autres vont se découvrir ou se redécouvrir… Autrement.
La ronde grotesque commence. Les hommes se prennent tous d’admiration pour la blancheur incroyable du bras de l’épouse de Tarô, un des employés, ce qui suscite la jalousie infernale de Kazumi, l’épouse du directeur, qui lui-même va faire des avances scandaleuses à cette épouse au bras blanc, Haruko, qui accepte afin de permettre à Tarô d’avoir une promotion. Kazumi, voyant tout ça se venge sur un souffre-douleur, Tanoura « le monsieur des Toyota » dont on oublie régulièrement le nom. Et pendant ce temps-là… L’un des employés que personne ne reconnaît après un régime express, Masato, tombe de plus en plus malade, jusqu’à mourir au moment où Teruo, le fils du directeur, et Tarô s’embrassent passionnément au-dessus du cadavre.
Cette pièce est une farce grinçante et visqueuse qui critique la société contemporaine japonaise, percluse de non-dits et de petites lâchetés humaines – qu’on retrouve aussi bien dans nos sociétés européennes.
Imaginez une pièce qui réunirait les univers de Mayenburg, Levin, Schnitzler et Feydeau, le tout dans la société contemporaine japonaise qui tient à ses conventions sociales. Vous aurez une idée de ce qu’est Trois grotesques.
En une phrase trop simple pour résumer l’atmosphère de la pièce, c’est une comédie cynique et grinçante travestie en théâtre bourgeois dans laquelle des quarantenaires qui s’ennuient de leur vie se séduisent sous les yeux de leurs conjoints mutuels, à l’aide de sous-entendus parfois franchement sexuels.
Le point fort de cette pièce est que sous la forme d’une farce bourgeoise qui fait rire, l’auteur décrit ici la société japonaise contemporaine et ses travers.
Transposée sur une scène française, je crois que cette pièce gardera son aspect noir, un peu malaisant voire visqueux à certains moments, et nous parlera de nos faiblesses, et de nos lâchetés d’êtres humains contemporains.
Cette pièce a aussi la particularité d’utiliser énormément un tic de langage japonais qui consiste à rajouter un « ah » au début de chaque phrase. Pas forcément toujours naturel en français, je l’ai pourtant conservé tel quel, afin de laisser courir l’imagination des lecteur.trice.s et des artistes qui s’en empareront.