Perdre la tête

de Jaime Chabaud

Traduit de l'espagnol par Armando Llamas

Écriture

  • Pays d'origine : Mexique
  • Titre original : Perder la Cabeza

La pièce

  • Genre : Thriller politique
  • Nombre d'actes et de scènes : 20 scènes
  • Décors : 1 décor à transformations
  • Nombre de personnages :
    • 15 au total
    • 12 homme(s)
    • 3 femme(s)
  • Durée approximative : 1h30
  • Création :
    • Période : 13 juillet 1995
    • Lieu : Teatro El Galeón - Mexico D.F.
  • Domaine : protége : Armando Llamas pour les pays francophones.
  • Lecture publique :
    • Date : 25/08/2000
    • Lieu : Mousson d'Eté à pont à Mousson

Édition

Résumé

Nous sommes à Mexico City, dans les années quarante. Don Celeste, maffioso compromis dans une foultitude d'affaires louches, est trouvé mort - et décapité. Où est passée sa tête ? Le journaliste Salinas et le policier Rocha mènent l'enquête. Ils devraient être antagonistes, mais leur volonté commune de découvrir la vérité -leur entêtement naïf-, cimente leur amitié, une amitié hors normes. Très vite les cadavres se mettent à proliférer, les ramifications de ce fait divers touchent aussi bien des hommes politiques -le président de la république, entre autres-, que des espions et des tueurs de la Gestapo en mission au Mexique, en passant par des trafiquants de drogues yankees, des fournisseurs d'opium japonais, des chanteuses de cabaret et j'en passe. L'allure ludique de ce thriller commence à s'estomper, l'ambiance de bande dessinée se dégrade peu à peu et la violence, la corruption, la tragédie reprennent leurs droits. Et puisque il y a eu de la musique dans la pièce, cela finit aussi par une chanson, ironique et désespérée : la vérité n'intéresse personne, et il y a loin du Mexique pittoresque et coloré au Mexique réel.

Regard du traducteur

Jaime Chabaud est un auteur fort intéressant et très représentatif des nouvelles tendances mondiales, qui tournent le dos à la stérilité du "théâtre d'art" cultivé de plus en plus uniquement en France. Le théâtre de Chabaud, tout comme les films de Todd Solondz ou de Pedro Almodóvar, renoue avec la notion de "genre", revu, corrigé ou réinventé. Le genre -mélodrame, thriller, horreur, comédie, etc.- permet le dialogue immédiat avec le public, c'est une main tendue. L'auteur peut alors -mais il faut pour cela du talent- raconter d'autres choses que celles prévues par le "genre", superposer de couches de sens ou de discours. Perdre la tête , le spectacle et le texte, a reçu beaucoup de prix au Mexique. Il en a été de même pour la plupart des œuvres de l'auteur. Perdre la tête se présente donc d'abord comme un thriller-bande dessinée, mais c'est pour le rendre perméable à l'émotion et au constat politique.
Je suis en ce moment en train de lire l'œuvre complète de Jaime Chabaud et j'ai l'impression que cette lecture me réservera encore de très belles surprises.