Oreilles tombantes, groin presque cylindrique

de Marcelo Bertuccio

Traduit de l'espagnol par Armando Llamas

Écriture

  • Pays d'origine : Argentine
  • Titre original : Orejas caidas y hocico casi cilindrico
  • Date de traduction : 2003

La pièce

  • Nombre de personnages : dont homme(s) et femme(s)
  • Création :
    • Période : 2007
    • Lieu : Théâtre de la Colline
  • Lecture publique :
    • Date : août 2004
    • Lieu : Mousson d'Eté à Pont-à-Mousson

Édition

Résumé

Additionnez télévision, recettes de cuisine, huîtres cuites dans leur jus, bouillon de porc, rôdeurs nocturnes, un saule envahi par des pipistrelles, dracula, anaximandre, héraclite, un fusil qui glisse des mains, des cochons morts, vivants ou surgelés, des appels téléphoniques, des coups de sonnette intempestifs, un mixer, une mère morte, et ainsi de suite, et vous aurez une petite idée de ce qui est en cours dans ce lieu qui pourrait bien être un enfer, c'est-à-dire ici et maintenant. Car dans ce lieu on a peur de l'inconnu, on est armé, on tire sur tout ce qui bouge, on croit être cerné par la violence extérieure, on a renoncé aux contacts humains et on mange. Terrible vision du réel, vision objective, vision juste car structurée grâce aux ressources de l'imaginaire.

Regard du traducteur

Un texte énigmatique et d'une subtile habileté ; quand on croit avoir saisi le début d'un fil d'Ariane qui va rendre explicite les enjeux dramatiques -donc les borner, les limiter- on s'aperçoit très vite qu'on suivait une fausse piste. Tout ce qu'on peut dire c'est qu'il s'agit et d'une femme seule dans un lieu isolé, et de cochons morts ou vivants. La femme est dans un état fort avancé d'hystérie. Qu'y a-t-il de réel ou d'imaginaire dans ce qui est évoqué par la parole -la pièce ne comporte nulle didascalie- est malaisé à décider. Et néanmoins ce texte n'est ni abstrait ni abscons, et c'est bien là sa qualité essentielle. La parole tisse un réseau incantatoire proche du "flow" du rap, convoque une foule de situations dramatiques, un système complexe d'objets et un ensemble d'images. Ces quatre sous-textes ou sous-narrations sont très concrets mais sans connexion apparente. Ils finissent néanmoins par créer une forme cohérente, attrayante, colorée, complexe, mais qui se dérobe à l'analyse et c'est tant mieux.