Maison de lumière. Poème pour voix

de Taimí Dieguez Mallo

Traduit de l'espagnol par Denise Laroutis

Écriture

  • Pays d'origine : Cuba
  • Titre original : Casa de luz. Poema a voces
  • Date d'écriture : 2020
  • Date de traduction : 2022

La pièce

  • Genre : drame familial
  • Nombre d'actes et de scènes : une seule coulée
  • Décors : « Lieu stérile d’où on voit la mer », fenêtre, un lit d’hôpital qui pourrait devenir lit de mort, des lumières qui s’allument et s’éteignent, chaises pour les visiteurs (masqués, la chambre est stérile !).
  • Nombre de personnages :
    • 8 au total
    • Maman, Papa, NOUS (puis MOI, un garçon et une fille, jumeaux), La Rebouteuse, La Nouvelle Mère, Les Équestres (2).
  • Durée approximative : 60 à 80 mn
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

L’hôpital, la mère n’y est pas pour rien, elle va mourir, mais elle n’est pas en phase terminale, côté parole et décision. Elle a décidé de prendre en main la famille qu’elle laisse tomber — à son mari, le constructeur, le fondateur, qui ne veut d’une femme que les enfants, elle cherche une nouvelle femme, qui sera une nouvelle mère pour ses enfants. NOUS (fille et garçon jumeaux), qui devient MOI sur la fin, après la mort du frère, a plutôt envie de prendre le large. Mais La Mère, qui souhaitait seulement être une Maison de Lumière pour les siens, dit-elle, va mourir sans doute. Pourtant, saura-t-elle profiter des moyens que lui révèle La Rebouteuse bénévole, qui rôde dans les couloirs de l’hôpital, un moyen simple et de bon goût qui consiste à échanger son petit sac d’os, comme le trimballe tout un chacun, contre un autre, appartenant à quelqu’un d’autre qui a, lui, toutes les chances de vivre. En voilà une tentation ! Rien n’est plus simple ! Voler un sac d’os grâce au savoir-faire de La Rebouteuse ! Mais faut-il s’opposer à l’inéluctable en prêtant l’oreille aux marchands d’espoir ? D’autant plus que La Nouvelle Mère attend son tour, plus jeune, prête à fournir d’autres petits à la famille, à faire repartir la machine. Avec la mort du frère, Papa et Maman se sont encore rapprochés et le trouble s’est installé. Mais Les Équestres, flics ou voyous descendus des chevaux de bronze présents dans la ville, viennent mettre de l’ordre, finissent par tuer MOI. Maman peut mourir en paix, La Rebouteuse passe son chemin. Fini, les lumières. Noir

Regard du traducteur

Dans la lignée des pièces « irreprésentables » de Taimí Dieguez Mallo, Maison de Lumière offre de bonnes accroches pour la mise en scène. Tout tourne autour du lit d’hôpital de la mère : présence du père au chevet, irruptions de La Rebouteuse bénévole, des Équestres qui se déplacent depuis les parcs de la ville et de Nous (un ou deux). C’est échevelé et très actif, ça entre et ça sort et les oppositions de couleur (tendresse et agressivité, filouterie et délicatesse, cris et chuchotements, enthousiasme et désolation, etc.) animent cette façon d’aborder la mort de front, de gratter là où ça fait mal, et en même temps de se rattraper aux branches, en tenant compte de l’irréversible, mais que, dans le fond, ça se discute.

Et la « maison de lumière », c’est le désir de la mère, telle qu’elle s’avoue, telle qu’elle se voit, telle qu’elle aurait voulu être, au seuil de la mort.