Liliom (ou La vie et la mort d'un vaurien)

de Ferenc Molnar

Traduit du hongrois par Kristina Rady , Alexis Moati , Stratis Voyoucas

Écriture

  • Pays d'origine : Hongrie
  • Titre original : Liliom egy csirkefogÛ ėlete ės halala
  • Date d'écriture : 1909
  • Date de traduction : 2003

La pièce

  • Genre : Drame
  • Nombre d'actes et de scènes : 7 tableaux
  • Décors : A proximité d'une fête foraine. Cour d'une maison. Voie ferrée. Tribunal céleste. Jardinet.
  • Nombre de personnages : 23 + silhouettes dont 18 homme(s) et 5 femme(s)
  • Durée approximative : 1h30
  • Création :
    • Période : 7 décembre 1909
    • Lieu : théâtre Vig, Budapest
  • Domaine : protégé
  • Lecture publique :
    • Date : 22 mars 2004
    • Lieu : Montévidéo, Marseille

Édition

  • Edité par : Editions Théâtrales
  • Prix : 13.50 €
  • ISBN : 978-2-84260-154-6
  • Année de parution : 2004
  • 96 pages

Résumé

Dans une fête foraine, une jeune bonne à tout faire, Julie, tombe éperdument amoureuse d'un bonimenteur de foire, Liliom. Ils s'installent ensemble, mais Liliom, désormais au chômage, se comporte de plus en plus violemment avec elle. Quand elle se trouve enceinte, il songe à la vie qu'il pourrait donner à son futur enfant s'il était plus riche. Il se laisse entraîner à commettre un braquage qui tourne mal et il se suicide plutôt que d'être arrêté. Deux "détectives de Dieu" l'emmènent dans un tribunal céleste où il est jugé pour avoir battu sa femme. Seize ans plus tard, Liliom quitte le purgatoire où il expiait ses pêchés. Il peut revenir sur terre, une seule journée, pour rencontrer sa fille et lui offrir quelque chose de beau. Le prenant pour un vagabond, elle refuse son cadeau. Désemparé, il la frappe.

Regard du traducteur

Molnar atteint dans cette pièce la catharsis par les moyens les plus simples. Son but est d'attirer la compassion profonde et sincère du spectateur envers Liliom. Le cœur de celui-ci est enfermé dans le labyrinthe du mal parler, de la fierté déplacée et de la révolte déroutante et déraillée du vaurien.
L'auteur dessine alors l'évolution angoissante de son amour étouffé par le "non-dit" : c'est cette émotion, ainsi que la frustration d'être dans l'impossibilité de la communiquer, qui le mèneront à sa perte. Nous plongeons dans l'antichambre du vingtième siècle, dans le quartier populaire de la capitale hongroise, où gendarmes, bonimenteurs, bonnes et soldats se côtoient dans la plus grande simplicité. Les personnages de cette pièce sont issus d'un milieu extrêmement défavorisé et ont un accès problématique au langage. Ils n'ont plus les mots, ou alors, ceux qui leur restent sont pauvres, vidés. Il fallait restituer la trivialité et la brutalité de ce langage sans saccager la fragile pudeur d'une pièce où, sans pouvoir rien se dire, Julie et Liliom arrivent à nous faire tout entendre de leur désarroi et de leur détresse.
Les métropoles d'aujourd'hui ont toutes leur Liliom, que ce soit à la foire de Berlin, à Saint-Ouen, au Prater de Vienne ou à Coney Island.