Le Saut du cascadeur et autres exemples de confiance

de Anna Karaba

Traduit du grec moderne par Myrto Gondicas et Anne Dimitriadis

Écriture

  • Pays d'origine : Grèce
  • Titre original : το άλμα του κασκαντέρ και άλλα παραδείγματα εμπιστοσύνης (To àlma tou kaskader kè alla paradìgmata embistosýnis)
  • Date d'écriture : 2015
  • Date de traduction : 2018

La pièce

  • Genre : comédie ou drame métaphysique
  • Nombre d'actes et de scènes : 35 scènes
  • Décors : Chambre d’hôtel, entrée d’immeuble, cabinet dentaire, gradins vides, stade planté de gazon, chambre de bébé avec piano à queue, le ciel.
  • Nombre de personnages :
    • 12 au total
    • 6 homme(s)
    • 6 femme(s)
    • certains personnages sont joués par un même acteur, ce qui ramène le nombre d’acteurs à 3 pour les hommes et 2 (sans la musicienne) pour les femmes.
  • Durée approximative : 60 mn
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Temps et lieu semblent appartenir à un univers connu, contemporain (cabinet de dentiste, gradins de stade, divers lieux urbains…), qui pourrait évoquer la Grèce de la crise. Un nombre restreint de personnages s’y affrontent. Lèla tente de survivre en assumant trois métiers (assistante médicale, manucure, nounou), sans compter son avatar en pianiste ; le dentiste essaie d’asseoir son autorité professionnelle par un discours dont la volonté de contrôle confine au grotesque ; apparaissent aussi un entraîneur à la retraite, un ancien champion de saut à la perche devenu cascadeur à la suite d’une blessure, un patient, le bébé (enfant du dentiste) confié aux soins de la nounou (et de la pianiste !). Au fil de monologues et de scènes dialoguées, nous découvrons progressivement les liens qui unissent les personnages et les entravent, et leur lutte désespérée, tragi-comique, pour s’affirmer en endossant des rôles qui les trahissent. À la fin, Lèla part en enlevant le bébé, qui pendant toute la pièce a servi de surface de projection à tous sans jamais dire un mot.

Regard du traducteur

Anna Karaba est une des voix les plus originales du jeune théâtre grec contemporain. Ses pièces ont été données en lecture ou en représentation ans différents théâtres et festivals de son pays, et plusieurs fois primées. On peut rattacher son travail à ce courant théâtral, apparu en Grèce depuis une bonne vingtaine d’années, où la peinture des conditions sociales et politiques recule devant une nouvelle façon d’aborder le réel, croisant l’intime avec le collectif plutôt que de privilégier l’un des deux pôles ou de les opposer. Son œuvre traite avant tout des jeux du pouvoir et de l’identité, à travers une langue très travaillée : cela passe par les situations d’énonciation encore plus que par la syntaxe ou le lexique, même si on sent l’auteur très attentive aux variations de niveau de langue et à ce qu’elles trahissent. Si ses personnages se débattent pour s’affirmer dans un univers qui les rejette, intrigues et dialogue concourent à construire un monde qui emprunte beaucoup à la réalité du rêve. D’une pièce à l’autre, on constate une grande diversité des lieux, du nombre de personnages, du type d’intrigue — qui peut à l’occasion revêtir un caractère quasi abstrait, comme dans Diklino [Chambre à deux lits], huis clos mettant face à face deux personnages dont l’un, in extremis, apparaît comme (peut-être) produit par un fantasme du premier.