Le Poisson rouge de Berlin

de Yan Pat To

Traduit du chinois par Sarah Oppenheim

Avec le soutien de la MAV

Écriture

  • Pays d'origine : Hong Kong
  • Titre original : 柏林的金鱼
  • Date d'écriture : 2019
  • Date de traduction : 2022

La pièce

  • Nombre d'actes et de scènes : 4 parties
  • Nombre de personnages :
    • 4 au total
    • 1 homme(s)
    • 3 femme(s)
  • Création :
    • Période : mai 2019
    • Lieu : Kwai Tsing Theatre, Hong-Kong
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Sze Yin, un Hongkongais de 40 ans spécialisé dans les nouvelles technologies, est invité à un Salon à Berlin pour y présenter son travail. Il y rencontre Lin Lin, une jeune Chinoise originaire de Xi'an, âgée d'une vingtaine d'années et étudiant à Londres. Ils tombent amoureux, mais Sze Yin doit rentrer à Hong-Kong et commence alors pour eux une relation à distance...

Regard du traducteur

Avec beaucoup de finesse, Le Poisson rouge de Berlin rend sensible le sentiment très particulier de vivre entre plusieurs pays et plusieurs langues, d'appartenir à partout et à nulle part, toujours déraciné et en transition. De même, la pièce dépeint avec beaucoup de délicatesse la sensation d'irréalité, de solitude et d'isolement que peut procurer une relation amoureuse à distance, à une époque où pourtant grâce aux avions et aux écrans, l'espace et le temps semblent se réduire entre les êtres. Ainsi, elle nous fait toucher du doigt ce que le monde contemporain fait à notre expérience de l'amour, de l'intimité, des corps, des lieux.

À l'époque de l'humain augmenté, les progrès de la technique rendent de manière vertigineuse toutes les expériences possibles et disponibles. Ils semblent pouvoir nous arracher à nos ancrages spatiaux pour être virtuellement possiblement partout. Mais quels sont les effets sur notre expérience intime du monde, du temps qui passe, des lieux, de la relation à autrui ?

Théâtre-récit envahi par la narration, Le Poisson rouge de Berlin travaille de manière poétique et sensitive sur les détails ténus qui font cette singularité de notre expérience au monde, ainsi que sur le sentiment fragile et insaisissable de l'instant, pris entre ce qui pourrait advenir et ce qui appartient déjà au temps de la mémoire. Et c'est ainsi qu'instant après instant, nous voyons s'y dessiner - avec une pointe de nostalgie - le chemin d'une vie.

Écrite en 2019 et relatant une période courant de 2016 à 2017, la pièce pourtant très contemporaine nous fait toucher du doigt une réalité hongkongaise aux spécificités bien différentes de la Chine continentale, mais qui nous paraît d'un temps déjà lointain et révolu : Hong-Kong avant la pandémie et avant la reprise en main politique drastique de la Chine.