La vie est belle ou en attendant mon oncle d’Amérique

de Ahmed El Attar

Traduit de l'arabe par Lotfi Nia

Écriture

  • Pays d'origine : Egypte
  • Titre original : الحيات حلوة أو في انتظار عمي اللي جاي من أمر&
  • Date d'écriture : 2000
  • Date de traduction : 2015

La pièce

  • Nombre d'actes et de scènes : 2 actes
  • Nombre de personnages :
    • 5 au total
    • 3 homme(s)
    • 2 femme(s)
  • Création :
    • Période : 2000
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

La pièce est composée de plusieurs séquences qui se répètent. La mère tousse et appelle la bonne. Le jeune fils harcèle sa mère mourante pour obtenir les objets de son désir : blue jean, portable, femme. Le fils aîné tient des propos incohérents et passe ses journées sur le siège des toilettes. Le père expose la liste des rêves qui se réaliseront quand ils recevront l’argent promis par leur oncle d’Amérique. Le jeune fils réclame téléphone et blue jean, le père s’emporte contre ses caprices, la mère tousse, l’aîné est toujours aux toilettes, il se parle à lui-même, le père se lance dans un nouvel exposé édifiant… le déroulement des évènements est prisonnier d’une répétition à l’identique des mêmes séquences. En avançant, la situation se tend toujours davantage et finit par provoquer le décès de la mère. Dans l’acte 2, les trois personnages masculins se retrouvent avant les funérailles de la mère, un semblant de vérité individuelle commence à naître de cette situation inédite pour eux…

Regard du traducteur

Pour traduire la langue d’Ahmed El Attar, j’ai été amené à chercher dans trois directions. D’abord, nier l’orthographe et essayer d’écrire le plus possible comme on parle, dans la mesure où cette pièce cherche une langue écrite égyptienne très proche de l’oral – et ce au mépris des conventions orthographiques arabes. Deuxième orientation pour cette traduction : épurer la traduction jusqu’à ne plus garder qu’une sorte de mur d’expressions toutes faites, de tournures figées et de clichés – c’est l’une des dimensions les plus intéressantes de cette pièce à mes yeux : le langage est nié parce qu’on ne parle jamais de rien, on ne fait que répéter des manières de dire. C’est sur la fabrication de ce mur d’expressions idiomatiques en français qu’a porté l’essentiel de notre travail d’interprétation (et ceci grâce à l’aide aimable de l’auteur qui s’est montré très disponible). Troisième direction de travail : le caractère répétitif, plat et stéréotypé devait être contrebalancé par un travail sur le rythme destiné à oraliser le plus possible le texte, à lui donner du relief et une assise vocale. Cet impératif m’a poussé à travailler la traduction avec des acteurs chargés de la lire à voix haute et observer avec eux comment se passait la mise en voix – cette dimension du travail a été possible grâce à l’amicale contribution du collectif l’Impulsion.