Un village. Une maison. Une salle à manger. Une famille. L’heure du dîner n’est pas forcément celle des retrouvailles paisibles après une journée de labeur. Autour de cette table, personne ne semble partager les mêmes envies… Une obsession unit pourtant les membres de cette famille : une tache apparue sur le mur de la cuisine. Une machine infernale se met alors en place, qui va entraîner tout le monde dans un cauchemar sans fin : les visites du plombier ont beau se multiplier, la tache réapparaît toujours. Et chacun des personnages est le rouage d’une hallucination – ou d’une paranoïa – collective face à ce phénomène qui fait peur et fascine à la fois, au point de devenir le centre du village et bientôt du monde entier.
Auteur et metteur en scène, Sergio Serrano est aussi scénariste et cinéaste, et son écriture s’intéresse d’abord à l’enchaînement des situations. Mais la famille mise en scène dans la pièce n’est pas désincarnée pour autant. Chacun a son histoire, ses secrets, ses peurs qui comme la tache remontent à la surface.
Malgré le réalisme apparent, rien n’est réel. Surtout pas les dialogues, parfois écrits à la troisième personne, qui intègrent une partie des didascalies. Et surtout pas les didascalies, barrées d’un trait, en voie d’effacement elles aussi. La pièce, en somme, a l’art de brouiller les pistes.