La Stupidité

de Rafael Spregelburd

Traduit de l'espagnol par Françoise Thanas et Dorothée Suarez

Écriture

  • Pays d'origine : Argentine
  • Titre original : La estupidez
  • Date d'écriture : 2002
  • Date de traduction : 2006

La pièce

  • Genre : comédie dramatique
  • Nombre d'actes et de scènes : deux parties – 22 scènes
  • Décors : Une chambre dans un motel aux environs de Las Vegas. Contre le mur de gauche, un grand lit. Deux portes, au fond et à gauche. Celle du fond donne sur l'extérieur qui sera, suivant les scènes, le parking de l'hôtel OU une cour OU un couloir OU la piscine… La porte de gauche conduit à la salle de bains. Le plus important dans le décor est le mur du fond qui est, en réalité, une grande fenêtre. Elle permet d'assister à des scènes qui se déroulent simultanément, à l'intérieur et à l'extérieur de la chambre. Un rideau pourra être tiré pour cacher l'extérieur.
  • Nombre de personnages :
    • 6 au total
    • 3 homme(s)
    • 3 femme(s)
  • Durée approximative : 3 h 20
  • Création :
    • Période : 17 août 2003 / 17 avril 2004
    • Lieu : El Porton Sanchez, Buenos Aires / Teatro del Pueblo, Buenos Aires
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée

Résumé

Difficile de résumer cette comédie qui dure 3 heures 20… qui doit être menée tambour battant… où 5 histoires, avec 24 personnages entrant et sortant "à toute allure", se déroulent en même temps… en un lieu unique et "transformable". Au départ, la vente d'un faux tableau. Des marchands, des intermédiaires, des policiers pas trop regardant… une handicapée en fauteuil roulant et son frère comédien au chômage… un pétrolier texan qui se prétend amateur d'art, un "scientifique"… un impresario japonais… un homme du monde… des maffiosi siciliens… Tout "ce monde" se croise, se succède, raisonne, spécule… dans une atmosphère joyeuse, voire délirante.

Regard du traducteur

Cette pièce trépidante prend sa place dans le projet, commencé en 1997, d'écriture de 7 pièces, chacune correspondant à l'un des Péchés Capitaux. Après l'envie, l'orgueil, la luxure… Rafael Spregelburd "s'attaque" ici à l'avarice. C'est tout d'abord un magnifique matériau, et un défi, pour des acteurs qui auront à jouer, chacun, 5 personnages; On retrouve, comme dans les autres pièces de Rafael Spregelburd, des situations complètement loufoques avec des policiers, plus ou moins corrompus, des marchands plus ou moins véreux, des faux marchands, des intermédiaires… un trafic de faux tableaux, un impresario japonais, des agents secrets, des maffiosi siciliens, un acteur au chômage, le propriétaire d'un gisement de pétrole texan… Aucune cacophonie dans cet entrecroisement de personnages et de situations… La construction est parfaitement maîtrisée. Chaque scène porte un titre qui annonce le ton, l'atmosphère, le langage. Et l'on suit toutes les histoires même si, entre chacune d'elles, s'en est intercalée une autre. On ne risque pas d'oublier ce qui s'est passé antérieurement, avec d'autres personnages, ni de se perdre dans ce qui pourrait être un dédale mais ne l'est pas grâce à une parfaite maîtrise du plateau l'auteur est aussi acteur et metteur en scène Le langage colle à l'action. Des mots inventés pour que fonctionne le "paraître" de certains personnages. Des faux-semblants mis en valeur. Une langue précise, un rythme vif. Aucun temps mort. Et quel humour… ! C’est une pièce tout à fait originale tant pour le fond que pour la forme. Une pièce jubilatoire. La estupidezest une commande du Deutsches Schauspielhaus de Hambourg. Pièce sélectionnée par le National Theatre Studio de Londres pour son projet "Channels". A obtenu les Prix Tirso de Molina, en Espagne, 2003, et Teatro del Mundo, Université de Buenos Aires, 2003.