Écriture

  • Pays d'origine : Italie
  • Titre original : La guerra di Martin
  • Date d'écriture : 1986
  • Date de traduction : 2010

La pièce

  • Genre : théâtre jeune public
  • Nombre d'actes et de scènes : aucun
  • Décors : Une étendue de collines
  • Nombre de personnages :
    • 16 au total
    • 11 homme(s)
    • 5 femme(s)
  • Durée approximative : 1H
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Martin Sansespoir, épouvantail de métier et « idiot légal », exhibe sans pudeur son incapacité à endosser le rôle de héros. Protégé par sa soit disant idiotie, qui n’est en réalité qu’une façade, il saura éviter et passer au travers des coups et des pièges du Général Scorfi. Entre gags et trouvailles ingénieuses, fausses exécutions et résurrections providentielles, Martin mène sa propre guerre, « une guerre contre la guerre », se transformant malgré lui en héros,  en s’efforçant de restituer à l’humanité mise à mal, son droit au bonheur et aux émotions de l’enfance. De sa besace, il sort une inépuisable réserve d’objets aux vertus insolites : l’harmonica d’Ario, le petit cheval de bois du Recruteur, la carte de la ville de Naples, dont le Général Scorfi est originaire, ou encore la balle du petit soldat ; autant d’objets précieux qui détiennent le pouvoir de redonner à son propriétaire la dimension perdue d’un âge plein de joie et d’insouciance.

Martin, subtil mélange de clown, de saltimbanque et de marionnette, à la fois sage et désenchanté, est l’un des rares à pouvoir jouer avec la vie, à chasser la tristesse, à dire impunément la vérité, à combattre la vanité, la violence, la méchanceté, la mort. Avec ses armes, il détruit l’image sombre et angoissante de la mort, et lui restitue au contraire un visage humain. Cette dernière ne fait pas peur aux  « idiots », et cela les sauve, les rend invincibles, héros joyeux d’une bataille combattue parmi les peureux et les lâches.

Regard du traducteur

Le texte La Guerra di Martin est remarquable à plusieurs titres. Les dialogues sont vifs, très inventifs, l'humour est subtil et immédiat -c'est là je crois le secret d'un talent comique. Cette trame sur la guerre généralisée et sur la nécessité d'apparaître comme un “idiot patenté” pour y échapper a de beaux précédents, tant dans sa signification première que par sa valeur de parabole. À commencer par le brave soldat Chveïk de Hašek et de Brecht. Ce qui paraît singulier en revanche -à moins d'aller chercher dans le répertoire des contes-, c'est l'évocation d'un tel thème dans le théâtre pour enfants. La mort et l'autorité aveugle y sont présentes, incarnées même, sans qu'on s'en sente pour autant gênés, ni amenés à croire un seul instant, qu'on est là dans un univers d'adultes, imposé en quelque sorte aux enfants.

On pense à la fable des deux lièvres qui feignent la mort pour échapper au chasseur et racheter sa faute. Un conte pour enfants allemand dont Adorno se souvient dans Minima Moralia. C'est dire s'il y a de vertu éducative dans ce texte. Si l'on veut bien croire que la capacité à résister à l'absurdité du monde fasse bel et bien partie de l'éducation.