La femme fantôme

de Kay Adshead

Traduit de l'anglais par Séverine Magois

Écriture

  • Pays d'origine : U.K.
  • Titre original : The Bogus Woman
  • Date d'écriture : 2000
  • Date de traduction : 2002

La pièce

  • Nombre d'actes et de scènes : 1
  • Décors : 1
  • Nombre de personnages :
    • 1 au total
    • 1 femme(s)
  • Création :
    • Période : 4 ao?t 2000
    • Lieu : Traverse Theatre - Edinbourg (Festival 2000)
  • Domaine : protégé : Agence DRAMA-Suzanne Sarquier
  • Lecture publique :
    • Date : avril 2003
    • Lieu : Création : L'Apostrophe - SN Cergy-Pontoise et TGP-CDN St Denis, mis en scène M.Batz

Édition

Résumé

La Femme fantôme décrit le parcours d'une jeune-femme noire, anonyme, quittant son pays d'origine (un pays d'Afrique jamais expressément nommé) après avoir écrit, pour le compte du journal où elle travaille, des articles très critiques envers le régime en place. Suite à ces articles, sa famille entière -y compris son bébé- a été sauvagement massacrée. Elle-même violée par trois soldats, elle est la seule survivante de cette tuerie et parvient à rallier clandestinement l'Angleterre. Elle y sera soumise à toute une série d'humiliations, avant d'être finalement réexpédiée dans son pays d'origine, où elle sera abattue sans sommation. Pour décrire son calvaire, l'auteur a créé de nombreux autres personnages (agents de l'immigration, gardiens du centre de détention, codétenus, avocat) successivement incarnés par la jeune femme. Ces dialogues recomposés sont entrecoupés de monologues intérieurs d'une grande force poétique où le personnage puise l'énergie de sa survie en communiant notamment avec sa famille disparue et en invoquant les dieux de sa culture ancestrale.

Regard du traducteur

The Bogus Woman est une pièce extrêmement importante pour notre époque. Elle traite de notre réalité, de la réalité de notre monde aujourd'hui. Mais une réalité niée, ignorée, objet de mensonges et de déformation par nos médias qui nous disent quoi penser. C'est pourquoi l'histoire de cette jeune femme n'est pas seulement le récit d'événements réels, pas uniquement une accusation, mais une évocation fantomatique, une mise au monde et une incarnation de la mémoire - et ainsi des mémoires, de nombreuses autres mémoires. Son histoire est un sanglot contre l'injustice, un sanglot qui nous enjoint de nous souvenir d'elle et non de l'oublier. Ne jamais oublier. La pièce raconte les injustices, la brutalité et les mensonges que doivent aujourd'hui affronter les demandeurs d'asile en Grande-Bretagne et nous laisserons ce texte dans son contexte précis. Toutefois, nous souhaitons que le spectateur n'ait aucun doute sur le fait que de telles histoires puissent aussi arriver en France, même si la forme peut en être différente. L'expérience des sans-papiers ou les événements de l'Eglise Saint-Bernard en témoignent. Nous croyons fermement que la pièce doit être vue par un public aussi large et varié que possible.