Écriture

  • Pays d'origine : U.K.
  • Titre original : Anatomy of a Suicide
  • Date d'écriture : 2017
  • Date de traduction : 2019

La pièce

  • Genre : drame
  • Décors : une maison, et nombreux autres lieux
  • Nombre de personnages :
    • 27 au total
    • 10 homme(s)
    • 17 femme(s)
    • La pièce est conçue de manière à pouvoir être jouée par 10 comédiens (6 femmes et 4 hommes).
  • Durée approximative : 120 mn
  • Création :
    • Période : 2017
    • Lieu : Royal Court, Londres
  • Domaine : protégé – agence Marie Cécile Renauld, Paris, en accord avec United Agents, Londres

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Trois femmes, Carol, Anna et Bonnie, respectivement mère, fille et petite-fille. Elles s’inscrivent dans trois temporalités différentes (les années 1970, 80 et 90 pour Carol, les années 1990 et 2000 pour Anna, et les années 2030 pour Bonnie) mais leurs histoires nous sont racontées simultanément sur la page (divisée en trois colonnes, que l’auteure conseille de lire transversalement, même si, autant le dire, la tâche est un peu ardue) / sur le plateau, les dialogues et les actions s’entrecroisant et se faisant écho d’une colonne / d’un espace à l’autre. Les scènes portent les mêmes titres, on retrouve d’une histoire, d’une génération à l’autre les mêmes situations – scènes d’anniversaire, de mariage, scènes d’hôpital, de naissance, de baignade, etc. Parfois, c’est une même réplique qu’on entendra simultanément dans les trois espaces-temps, ou un mot précis qui résonnera d’une scène à l’autre et prendra une couleur différente selon le contexte.

Nous rencontrons d’abord Carol, à l’hôpital, après qu’elle s’est ouvert les veines. Un peu plus tard, elle donnera naissance à une petite fille, mais devenir mère ne remédie en rien à son profond mal-être, et 16 ans plus tard, elle mettra bel et bien fin à ses jours. Parallèlement à l’histoire de Carol, on suit celle de sa fille, Anna, jeune femme à la dérive, devenue toxicomane, puis vivant en communauté, puis épousant un documentariste avec qui elle aura une fille (Bonnie), mais totalement incapable d’assumer sa maternité – elle aussi se suicidera, alors que Bonnie est encore bébé. Et parallèlement, se déroule donc aussi l’histoire de Bonnie. Médecin, homosexuelle, incapable de s’engager dans la moindre relation, elle est déterminée à ne jamais procréer car c’est pour elle le seul moyen de rompre la malédiction qui pèse sur les femmes de cette famille, dont le destin se répète de génération en génération. Autour d’elles trois, gravitent une myriade de personnages, dont on retrouve certains, à des âges différents, d’une époque à l’autre (soit 27 personnages au total, mais pouvant être joués par 10 acteurs).

Regard du traducteur

Si le destin de ces trois femmes, dans leur quête d’identité, et l’impossibilité qui est la leur d’assumer avec bonheur toute maternité, est souvent bouleversant, parfois glaçant, la pièce n’est jamais lugubre et s’avère même franchement drôle par moments, grâce notamment à certains personnages secondaires (notons au passage que les personnages des petites filles et des adolescentes sont particulièrement réussis). Sans compter qu’elle se clôt sur une scène d’apaisement – la vente de la maison familiale, presque un personnage en soi, une autre façon pour Bonnie d’échapper à la reproduction du pire et à un héritage si lourd à porter.

La pièce, que l’auteure a écrite comme une partition d’une infinie précision, est formellement stupéfiante. Le jeu des analogies et des oppositions entre les différentes histoires, l’alternance entre images silencieuses et scènes dialoguées, offrent des possibilités de mise en scène assez vertigineuses. Au fil des dialogues, dont l’écriture brève, incisive est parfois ponctuée de monologues au style plus « baroque », les personnages se répondent sur scène mais aussi à travers le temps, véritable tour de force d’un texte dont la forme épouse le fond avec une virtuosité peu commune.