Écriture

  • Pays d'origine : Cuba
  • Titre original : Manzano Alas de Ángel
  • Date d'écriture : 2025
  • Date de traduction : 2026

La pièce

  • Genre : jeu de carnaval (fête des Rois)
  • Nombre d'actes et de scènes : une seule coulée
  • Décors : Une place, avec, bien visible, un recoin sous une porte où se trouvera Manzano.
  • Nombre de personnages :
    • 13 au total
    • 7 homme(s)
    • 6 femme(s)
    • Une foule carnavalesque, musiciens et Manzano, Ailes d’ange, marionnette. Personnages intervenants : sept hommes, jeunes et vieux, six femmes, plus des foules d’acrobates et de musiciens.
  • Durée approximative : 80 mn

Édition

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Résumé

C’est le jour des Rois. Les esclaves et affranchis font la fête sur la place de Matanzas, à Cuba. Tous se préparent pour l’arrivée de l’affranchi Manzano, le poète ; les participants du carnaval, tous déguisés, se préparent à utiliser leur pièce de théâtre pour lui faire avouer sa trahison. Mais Manzano se presente habillé en ange aux plumes multicolores, ce qui déconcerte les assistants qui l’attendent de pied ferme. Manzano, bouleversé, troublé, affronte leurs accusations, car il a obtenu un non-lieu lors du procès où il était accusé d’avoir participé activement à la conspiration de l’Escalier (suite à la révolte des esclaves et affranchis à Matanzas en 1844. Le pouvoir espagnol profite de ce prétendu complot pour éclaircir les rangs des opposants). Malgré la visite de son ancienne maîtresse, de son avocat, de son ami Plácido, lui-même assassiné, de son épouse et de ses deux filles, Manzano, devenu anaquilllé, c’est-à-dire marionnette fruste, persiste à jouer les anges et ouvre ses magnifiques ailes colorées, en dépit des avis variés des esclaves déguisés en costume de fête, comédiens ou musiciens, orishas sacrés, de Matanzas et des campagnes alentour. À peu près tous finissent par condamner le poète, le chasser de la fête, et sa vraie patrie, sous prétexte, d’une part, qu’il n’est pas digne de confiance et, d’autre part, qu’il n’est pas besoin d’un poète pour gagner sa liberté.

Regard du traducteur

Du contact avec la compagnie grenadine Títeres Etcétera, est née sans doute Manzano, ailes d’ange. L’association acteurs-marionnettes (títeres) est risqué, mais excitant, et, dans le cas présent, très ouvert. Qui est marionnette et qui ne l’est pas, sur le plateau, des choix sont à faire ; ici les anaquillés cubains sont plus proches de marottes assez frustes qui précédèrent les marionnettes arrivées plus tard dans l’île. Il se développe, sur cette place du port de Matanzas, comme un jeu du Moyen Âge  porteur d’une double leçon avec un double récit  — d’une part notre pièce : faire resurgir le destin d’un poète, esclave puis affranchi, emporté dans les bouleversements profonds des années trente du dix-neuvième siècle, partout où le désir d’indépendance et de liberté se fait présent, aussi bien chez les colonisateurs que chez les colonisés ; d’autre part, celle que joue le peuple déguisé qui lui permet de régler son compte à Manzano. Ce n’est pas simple pour les personnages doublement (la leçon passe par le théâtre) acteurs ! Comment reconnaître le bon chemin ? Le prétexte festif, les acteurs, la musique et les déguisements sont là pour transformer la fête des fous en un tribunal hors temps.