Écriture

  • Pays d'origine : Grèce
  • Date d'écriture : 1979
  • Date de traduction : 2004

La pièce

  • Genre : Comédie.
  • Nombre d'actes et de scènes : pas de divisions en actes ni en scènes.
  • Décors : unique
  • Nombre de personnages : 17 hommes (dont 6 travestis), 4 femmes et 2 enfants. dont homme(s) et femme(s)
  • Durée approximative : environ 2 heures
  • Création :
    • Période : été 1979
    • Lieu : Athènes
  • Domaine : protégé
  • Lecture publique :
    • Date : octobre 2002 (extrait)
    • Lieu : Fondation Deutsch de la Meurthe (Cité Internationale Universitaire de Paris) / Un extrait a égalemen

Édition

Résumé

Dans la banlieue d'Athènes, un terrain vague (le "trou") entre des immeubles. Minuit. En attendant le client, sept travelos se racontent leurs vies, tandis que des passants invisibles, de temps à autre, leur jettent injures et projectiles divers. Arrive le protecteur d'Erasmia, qui réclame de l'argent ; elle le met en fuite. Arrivent les clients : un vieillard, un jeune homme, un Grec d'Amérique, un chef d'orchestre, un sadique porteur d'un phallus en bois, un photographe. Cris, panique, fuite des clients : l'homme au phallus en bois a boxé Coco, ayant reconnu en elle son propre frère. Un étudiant que les cris de ses dames empêchent d'étudier tire sur elles. Riposte à coups de pierres. Arrivée d'une procession : le pope du coin, une fanfare, des riverains déguisés en chasseurs, fusil au poing. Le pope les appelle solennellement à renoncer au péché. Refus. Arrivent la police puis la télévision

Regard du traducteur

Ce qui fait passer la noirceur de la peinture, c'est un sens du théâtre étonnant, et aussi une vitalité, une fraîcheur que l'habileté technique n'étouffe jamais. Auteur prolixe, Maniotis est très à l'aise dans des œuvres en un acte, brèves comme des coups de poing. Mais il ne manque pas de souffle, le cas échéant -témoin ce Trou du péché, monté en 1979, l'une de ses pièces les plus longues. Etrange pièce, réflexion faite. Comique, mais la tragédie affleure à tout moment. Farce énorme et en même temps cauchemar, morceau de grand-guignol et critique sociale sérieuse, plaidoyer pour la différence, contre les intolérances, le trou du péché reste d'actualité vingt-trois ans après sa sortie. Etrange pièce que cette comédie trépidante, mouvementée -bien que l'action reste finalement assez mince- où la tragédie affleure à tout moment. L'impression de vie intense que l'ensemble dégage vient avant tout d'in maniement pyrotechnique de la parole. Le trou du péché est un festival d'injures, l'un des plus impressionnants de l'histoire du théâtre, jouant tantôt sur l'invention cocasse (la langue est ici d'une belle richesse), tantôt sur la tradition et la répétition. Ce qui, joint aux ponctuations obsessionnelles des rires et aux échos de situations, finit par produire, au second plan, un effet de basse continue hypnotique évoquant certaines musiques répétitives Yorgos Maniotis, l'un des grands noms du théâtre grec actuel, manie l'outrance et l'humour noir avec la délectation virtuose d'un petit-neveu d'Aristophane ou d'un cousin d'Almodovar première manière.