Écriture

  • Pays d'origine : Espagne - Catalogne
  • Titre original : El col.laborador
  • Date d'écriture : 2015
  • Date de traduction : 2015

La pièce

  • Genre : drame
  • Nombre d'actes et de scènes : 1 scène
  • Décors : Unique. Une antichambre dans un palais.
  • Nombre de personnages :
    • 2 au total
    • 2 homme(s)
  • Durée approximative : 25mn
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Un homme malade jouissant d’une certaine notoriété publique vit reclus dans sa demeure, sans aucun contact avec le monde extérieur. Un biographe souhaite le rencontrer pour écrire le récit de son existence avant que la maladie ne l’emporte. Mais ne pouvant l’approcher, il se résigne à contacter un proche du malade qui prétend le connaître bien mieux que quiconque. Dans sa quête de vérité, c’est donc à un tiers que doit s’en remettre le biographe. Mais peut-il se fier à la parole de ce témoin pour retracer la vie d’un homme dont le destin a partie liée avec l’Histoire ? Biographe et témoin sont-ils prêts à collaborer ? Comment se constitue une vérité historique ? En tant que mise en récit, le témoignage donne-t-il accès à la réalité des faits ou nous entraîne-t-il nécessairement dans le domaine de la fiction ? Quant au langage, quels rapports entretient-il avec la vérité ? « On ne devrait pas dire une chaise, mais une peut-être chaise » écrivait Wittgenstein. Le collaborateur est l’histoire de ce « peut-être ».

Regard du traducteur

Le projet d’écriture du Collaborateur naît d’une réflexion sur la vérité historique telle qu’elle se manifeste dans le contexte espagnol. Depuis la Transition dite « démocratique », les héritiers du franquisme, avec la participation de toute la classe politique, ont construit une histoire officielle de l’Espagne, immense simulacre tendant à assurer l’impunité aux dignitaires de la dictature. Aujourd’hui, à mesure que sont mises à jour les fosses communes de la Guerre Civile, les Espagnols s’interrogent sur leur histoire et la construction fallacieuse d’une identité collective en décalage avec le passé récent.
Dans cette pièce brève, Josep Maria Miró s’intéresse particulièrement aux multiples problèmes que soulève le statut du témoin en tant que maillon entre réalité passée et vérité historique : sa subjectivité, ses motivations, mais également la manière dont sa parole est reçue. La précision du langage théâtral dont use l’auteur tend précisément à rendre compte des glissements subtils qui s’opèrent entre le discours du témoin et sa réception. A travers cette pièce écrite dans un style minimaliste et ciselé, le lecteur fait ainsi l’expérience de cet entrelacement complexe entre vérité et mensonge, fidélité et trahison, mémoire et histoire.