Insurrection : l’Histoire à bras-le-corps

de Robert O'Hara

Traduit de l'anglais par Elishéva Zonabend-Marciano

Écriture

  • Pays d'origine : U.S.A.
  • Titre original : Insurrection : Holding History
  • Date d'écriture : 1996
  • Date de traduction : 1999

La pièce

  • Genre : Drame historico-fantastique
  • Nombre d'actes et de scènes : 1 acte - 9 scènes
  • Décors : 1/ arrière-cour d'une maison dans le Sud, à notre époque. 2/ plantation en 1831
  • Nombre de personnages :
    • 19 au total
    • 11 homme(s)
    • 8 femme(s)
  • Création :
    • Période : avril 1995 + 3 autres représentations en décembre 1995, novembre 1996 et janvier 1998
    • Lieu : Colombia University à New-York

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Ron, étudiant noir de 25 ans, prépare un doctorat sur l'histoire de l'esclavage. Il a choisi comme sujet de thèse "les révoltes d'esclaves aux Etats-Unis", et le personnage de Nat Turner, esclave, pasteur, fanatique, instigateur de la révolte d'esclaves la plus sanglante de l'histoire du Sud, s'est imposé à lui comme élément clé. Mais il a l'impression que tout a été dit sur l'esclavage et sur Nat Turner. Or, il va soudain cesser d'être un observateur lointain et étranger de l'Histoire pour se trouver plongé au cœur même de cette période qu'il étudie, et en devenir un témoin direct, et même, dans certaines limites, un acteur. Car voici qu'à l'issue de la fête donnée en l'honneur des soutenances de thèses, et alors que Ron doit regagner New-York, il entend son arrière-arrière-grand-père, lui demander : "Emmène-moi à la maison Ronnie". Et par "maison", cet homme de 189 ans désigné par deux initiales, T.J., qui vit depuis 100 ans dans un fauteuil roulant et a connu l'esclavage, veut dire Jerusalem, dans le comté de Southampton en Virginie. Il va lui faire remonter le temps et le transporter dans une plantation, à l'époque de la révolte de Nat Turner. Et les voici dans une voiture de location "au milieu de nulle part, sur une route ne menant nulle part", selon les propres paroles de Ron, et discutant, tout en roulant, d'un sujet, amené par T.J., qui est l'homosexualité de Ron ("un des aspects les plus audacieux de la pièce est la juxtaposition de l'esclavage et de l'homosexualité", écrit Jessica Werner).

Regard du traducteur

Tout au long de la pièce, présent et passé se juxtaposent, se chevauchent, s'interpénètrent, se télescopent même, parfois de façon très amusante. Ainsi, lorsque Ron et son arrière-arrière-grand-père arrivent au motel, l'aubergiste qui les reçoit, les apostrophe en ces termes, en constatant qu'ils sont noirs : "Qu'est-ce que vous venez faire dans ces parages, négros?". Mais, à ce moment-là, Ron et T.J. ne sont pas encore arrivés au temps de l'esclavage, alors on reprend ce petit bout de scène et, cette fois, l'aubergiste les accueille d'un : "Puis-je vous aider, messieurs", on ne peut plus compassé. Mais T.J. et Ron ne peuvent rester indéfiniment dans le passé. C'est lorsque commence le massacre programmé par Nat Turner que Ron et T.J. retournent dans leur époque. T.J. a rempli sa mission : faire vivre à son arrière-arrière-petit-fils l'histoire qui fait partie de leur mémoire collective ; il peut, à présent, mourir en paix. Ron, lui, a sans doute trouvé ce lien qui lui manquait lorsqu'il disait : "Je me sens perdu, parfois sans attaches, sans liens, sans passé".