Diogène le chien

de Dumitru Solomon

Traduit du roumain par Paola Bentz-Fauci

Écriture

  • Pays d'origine : Roumanie
  • Titre original : Diogène c‚inele

La pièce

  • Genre : Drame d'idées
  • Nombre d'actes et de scènes : 9 scènes + 4 interludes
  • Décors : 4
  • Nombre de personnages :
    • 21 au total
    • 19 homme(s)
    • 2 femme(s)
  • Création :
    • Période : 1973
    • Lieu : Teatrul Dramatic
  • Lecture publique :
    • Date : 22 avril 2002
    • Lieu : Ambassade de Roumanie à Paris

Résumé

Banni de Sinope pour avoir aidé son père à fabriquer de la fausse monnaie, le jeune Diogène arrive à Athènes, la somptueuse cité des arts, du raffinement et des plaisirs, qui s'enorgueillit encore d'un esprit démocratique depuis longtemps trahi. Révolté contre un monde dont l'unique religion est la course à l'argent, au pouvoir, et à la réussite sociale, Diogène ira résolument à contre-courant : défiant les palais, il choisira d'habiter dans un tonneau, au mépris des mets succulents que l'on sert dans les banquets, il se contentera de quelques feuilles de laitue pour toute pitance, au lieu de rechercher les honneurs, il cherchera "l'Homme", plutôt que de perdre sa vie à la gagner, il consacrera celle-ci à repenser le monde.

Sa course à lui, éperdue, farouche, solitaire, sera celle de la dignité, de la vérité, de l'honnêteté avec soi-même et avec les autres. Dans l'absolu, dans le refus de toute forme de compromis. La quête qu'il mènera jusqu'à son dernier souffle - dont la légende prétend qu'il en aurait décidé du jour et de l'heure selon son propre gré - sera celle de la liberté intérieure. Mais peut-on vivre uniquement d'idées, en renonçant à sa vie d'homme? Peut-on impunément repousser l'amitié, l'admiration dont on vous entoure? Refouler celles que l'on ressent soi-même pour autrui? Peut-on sacrifier l'Amour à un principe?. Enfin, est ce que, à force de chercher l'Homme, ne finit-on pas par ne plus voir les hommes?

Regard du traducteur

Drame philosophique traité dans le registre de l'humour, de la tendresse et d'une certaine mélancolie existentielle, Diogène le chien fait partie d'un cycle que Dumitru Solomon a appelé "les pièces aux philosophes", les quatre autres ayant pour titre : Platon, Socrate, L'Arme secrète d'Archimède, et Erasme, ou l'éloge de la folie. Le but recherché, dans chacun de ces textes dramatiques n'était pas de faire de la vulgarisation; pas plus qu'il n'était question de reconstitution historique ou d'aborder des sujets contemporains en les reportant sur des personnages d'une autre ère. Ce que l'auteur se propose ici c'est de faire revivre les idées qui accompagnent l'humanité depuis qu'elle est en ‚ge d'en concevoir et jusqu'à nos jours, en nous amenant à comprendre que ce sont les mêmes idées auxquelles les hommes sont confrontés quel que soit le type de société où ils vivent. Que les mêmes problèmes et interrogations se posent à chacun d'entre eux, et à tous, collectivement, depuis que le monde est monde. D'où cette espèce de miraculeuse solidarité que l'on éprouve au contact de ces textes, cette force dont on se sent investi à l'idée qu'on n'est pas seul dans l'univers face aux dilemmes, choix et soucis de notre époque, mais que l'on appartient à une chaîne humaine au destin de laquelle notre destin est à jamais relié. En somme, avec talent, intelligence et une étonnante sobriété de moyens, Dumitru Solomon réussit pour nous le postulat du philosophe grec, en mieux : à travers le parcours d'un HOMME - Diogène - il retrace le parcours des HOMMES de tous lieux et de tous les temps.