Écriture

  • Pays d'origine : U.K.
  • Titre original : Contractions
  • Date d'écriture : 2008
  • Date de traduction : 2010

La pièce

  • Genre : Satire
  • Nombre d'actes et de scènes : 14 scènes
  • Décors : une salle de bureau (décor unique)
  • Nombre de personnages :
    • 2 au total
    • 2 femme(s)
  • Durée approximative : 75 mn
  • Domaine : protégé ; Agence Drama – Suzanne Sarquier

Édition

  • Edité par : Actes Sud Papiers
  • Prix : 15.50 €
  • ISBN : 978-2-330-01204-5
  • Année de parution : 2012
  • 104 pages

Résumé

Dans une entreprise, la manager du département des ventes soupçonne une de ses employées, Emma – une jeune femme d’une trentaine d’années – d'avoir une relation « d’ordre amoureux » avec un autre employé, Darren. Or une clause du contrat stipule qu’« aucun employé, membre du bureau ou directeur de l’entreprise ne doit s’engager avec aucun autre employé, membre du bureau ou directeur de l’entreprise dans aucune relation, activité ou action qui soit entièrement, principalement ou partiellement de nature pouvant être qualifiée de sexuelle ou d’amoureuse, sans informer au préalable l’entreprise de ladite relation, activité ou action ».

Convoquée à plusieurs reprises dans le bureau de sa chef, Emma va être soumise à une série d’interrogations sur sa vie intime. Obligée de céder à la pression, elle va devoir remettre en question sa relation avec Darren. Celui-ci est muté. Et lorsqu’ils décident d’avoir un enfant, l’issue devient dramatique.

Regard du traducteur

Après s’être penché avec Mon enfant sur la violence des rapports homme-femme dans le couple et les répercussions tragiques d’une séparation entre un enfant et son père, Mike Bartlett explore avec Contractions la violence des rapports humains dans le milieu de l’entreprise.

Dans un huis clos entre une supérieure hiérarchique et son employée, composé d’une série de quatorze scènes d’environ trois minutes chacune, il décortique avec un humour noir allant jusqu’à l’absurde, l’ingérence du monde du travail dans la vie intime des salariés. Principe poussé à son extrême, puisque la manager oblige son employée à ne plus voir son amoureux et collègue, à prouver qu’ils n’ont plus de relations sexuelles, et même à se débarrasser de l’enfant.

Après avoir complètement déstructuré l’espace dans Mon enfant, ne donnant aucune indication précise de décor, Mike Bartlett le structure ici à l’extrême, réduisant l’espace de jeu à une pièce unique : le bureau de la chef du département des ventes, où Emma ne cesse d’être convoquée et interrogée.

Jouant sur les mots, il nous entraîne dans une rythmique de la parole infernale, à la fois jouissive et tragique.

Une fois de plus, on retrouve dans cette pièce toute la force de l’écriture de cet auteur britannique. Précise, rythmée, féroce. Chez lui, un mot est un mot et n’en remplace pas un autre. Le traduire représente donc un vrai défi. Si en apparence, tout paraît simple, il s’avère difficile – mais passionnant – de trouver le mot juste. Ainsi nous interroge-t-il sur notre rapport aux mots. Qu’entend-on réellement par relation « amoureuse »? Où commence l’ambiguïté entre deux personnes ? Quand la parole (notamment celle de la supérieure) devient-elle agressive ? Où commence le harcèlement ?  

Et puis, en contrepoint de cette rythmique ultra-précise apparaissent de nombreux non-dits contenus dans les silences, les points de suspension, les « espaces blancs » (comme il les appelle) qui jalonnent le texte, apportant de véritables trous d’air que le metteur en scène sera libre d’interpréter à sa façon. Ainsi, le sous-texte est également très important dans les pièces de Mike Bartlett, laissant une large place à la mise en scène.