Chien mort dans un pressing : les forts

de Angélica Liddell

Traduit de l'espagnol par Christilla Vasserot

Écriture

  • Pays d'origine : Espagne
  • Titre original : Perro muerto en tintorería : los fuertes
  • Date d'écriture : 2007
  • Date de traduction : 2014

La pièce

  • Genre : « genre apocalyptique de la politique-fiction », selon les mots de l’auteur.
  • Nombre d'actes et de scènes : Pièce en trois parties.
  • Décors : Un pressing, une école, une balançoire...
  • Nombre de personnages :
    • 7 au total
    • 3 homme(s)
    • 3 femme(s)
  • Durée approximative : 1h40
  • Création :
    • Période : 8 novembre 2007
    • Lieu : théâtre Valle-Inclán de Madrid
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Angélica Liddell déclare elle-même à propos de cette pièce qu’elle relève du « genre apocalyptique de la politique-fiction. […] Un genre qui permet de réfléchir aux expériences totalitaires et d’entrevoir les catastrophes vers lesquelles l’homme s’achemine. » Au cœur de la pièce, un fragment du Contrat social de Rousseau : « la conservation de l’État est incompatible avec [celle de l’ennemi], il faut qu’un des deux périsse, et quand on fait mourir le coupable, c’est moins comme citoyen que comme ennemi ». Incompatibilité et Sécurité sont devenues les deux notions fondatrices de l’ordre social dans lequel évoluent les personnages de la pièce. Ces derniers (parfois empruntés à d’autres œuvres comme Les Misérables de Victor Hugo ou Le Neveu de Rameau de Diderot) contribuent à bâtir l’allégorie d’un monde où l’autre est souvent perçu comme l’ennemi à abattre. La civilisation s’est fixée la tâche d’éliminer la barbarie, le citoyen doit se préserver de l’ennemi. Mais la civilisation et la barbarie ne sont pas forcément celles qui se présentent comme telles. Et quand l’ennemi devient difficile à identifier, cette civilisation se transforme en véritable forteresse de la peur.

Regard du traducteur

Au départ de cette pièce, une anecdote apparemment insignifiante : un chien vient d’être abattu dans un pressing. Mais c’est sur les mots du chien que s’ouvre la pièce. Et ces mots, empreints de violence, déterminent tout à la fois les rapports de force et de méfiance mis en scène dans la pièce, et la poétique qui préside à son écriture. Au-delà de ce que les mots désignent, c’est la façon dont l’auteur les utilise qui détermine l’intérêt de ce texte. Angélica Liddell démantèle les dialogues, leur substitue parfois l’adresse directe au spectateur. Les mots résonnent, se répètent, s’entrechoquent, agressent. Les traduire tient parfois du défi, tant l’espagnol et le français sont certes proches dans leur étymologie mais distants dans leur usage, dans leur syntaxe, dans leurs sonorités. Les mots d’Angélica Liddell sont en outre de violents coups de pied lancés dans le « bon usage » de la langue. Raison de plus pour la traduire…