Amerika, suite

de Biljana Srbljanovic

Traduit du serbo-croate par Ubavka Zaric

Écriture

  • Pays d'origine : Serbie-Monténégro
  • Titre original : Amerika, Drugi Deo
  • Date d'écriture : 2002
  • Date de traduction : 2003

La pièce

  • Genre : Drame
  • Nombre d'actes et de scènes : 23 scènes
  • Création :
    • Période : juin 2004
    • Lieu : Atelje 212, Belgrade
  • Domaine : protégé : L'Arche éditeur
  • Lecture publique :
    • Date : juin 2004
    • Lieu : Place Saint-Sulpice, Paris ; Festival d'Avignon.

Édition

Résumé

Etats-Unis d'Amérique, après le 11 septembre 2001.
Un homme, Karl Rosman -clin d'œil à Franz Kafka et au personnage principal de son roman L'Amérique- est sur le point de perdre son travail. Il est amoureux de Mafi, la femme de son meilleur ami, Daniel, qui la trompe constamment,. Dans l'appartement de Karl, situé dans un quartier chic de New York, Daniel meurt d'une overdose de cocaïne. Mafi en est presque soulagée car elle ne restait avec lui que pour être plus près de Karl, qu'elle aime.
L'histoire aurait pu bien se terminer, mais... Mafi a décidé de déménager et de commencer "une nouvelle vie". Endetté, privé de ressources, Karl n'a personne pour l'aider. Il comprend que, sans argent, il ne vaut pas plus que ce qu'un clochard vaut à ses yeux. Mais, même défoncé par la drogue, ce clochard qu'il croise dans une station de métro possède beaucoup plus le sens des affaires qu'on ne le croirait. Pour apitoyer les passants et gagner un peu d'argent, il se fait passer pour un "vétéran" de la guerre du Golfe, mutilé et traumatisé. A l'heure du Prozac et de l'industrie de l'oubli, les gens n'aiment pas avoir mauvaise conscience et la guerre du Vietnam est une plaie qui ne cicatrise pas. Dans ce pays de solitude, la voix d'une femme ‚gée sonne encore plus terriblement. Avec l'obstination d'une mère, elle laisse sans cesse des messages sur le répondeur de Karl. Elle cherche à parler à son fils, mystérieusement disparu et qui a sans doute vécu dans cet appartement.

Regard du traducteur

Biljana Srbljanovic dévoile magistralement la profonde solitude et le désarroi de l'être humain dans une société régie par les médias et le marketing, par l'industrie de la distraction et de l'apparence. Dans ce monde où tout est devenu "portable et jetable", l'auteur signe l'un de ses meilleurs textes, qui laisse planer l'amertume, la peur pour notre devenir, notre avenir.
Et l'écrivain de s'amuser, ou presque, en explorant, par le biais de ses personnages, les limites d'une telle société. Que fait l'individu "individualiste" quand, privé de tout, il est obligé de faire appel à l'autre ? Que nous reste-t-il quand font défaut tous ces subterfuges qu'on a inventé pour se protéger contre soi-même et contre les autres ? La réponse de Biljana, la seule possible, glace le sang.