À l'ouest de mes trois sœurs

de Laura Córdoba

Traduit de l'espagnol par Laurent Gallardo

Écriture

  • Pays d'origine : Argentine
  • Titre original : El oeste de mis tres hermanas
  • Date d'écriture : 2019
  • Date de traduction : 2020

La pièce

  • Genre : comédie dramatique
  • Nombre d'actes et de scènes : la pièce n’est pas découpée en scènes
  • Décors : Un salon dans un appartement bourgeois
  • Nombre de personnages :
    • 6 au total
    • 3 homme(s)
    • 3 femme(s)
    • Le texte didascalique est pris en charge par un personnage masculin. Les deux autres personnages masculins ne sont jamais présents sur scène. Leurs voix peuvent être enregistrées.
  • Durée approximative : 80 mn
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Alors que la dictature militaire vient de prendre fin en Argentine, Olga, Macha et Irina vivent recluses dans un appartement bourgeois de Buenos Aires. Les trois sœurs s’apprêtent à fêter le mariage d’Irina avec un gradé, ce qui leur permettra de quitter le marasme économique dans lequel elles sont plongées depuis le décès de leur père. Mais Irina annonce subitement qu’elle ne se mariera pas. Tandis que Macha et Irina tentent de la convaincre de revenir sur sa décision, les secrets familiaux affleurent et viennent troubler un équilibre familial des plus précaires. Cloîtrées dans leur appartement, espérant l’avènement d’un temps qui ne reviendra plus, ces trois sœurs sont à l’image d’une société argentine s’accrochant à des valeurs périmées, philosophant avec candeur et optimisme dans un pays en pleine mutation, pris dans une Histoire qui s’accélère.

Regard du traducteur

Quel aurait été le destin des Trois sœurs de Tchekhov si, au lieu d’être nées dans la Russie des Tsars, elles avaient vécu en Argentine après la dictature militaire ? Ce que propose Laura Córdoba, c’est une réécriture de ce classique pour explorer la monotonie d’une existence sans issue, où la conviction, l’amour et l’enthousiasme ne durent jamais. Dans l’Argentine de l’après-dictature, même un mariage militaire n’est plus une échappatoire à rien. Cloîtrées dans leur appartement familial, Olga, Macha et Irina rêvent d’une vie nouvelle qui, à mesure que le temps passe, devient de plus en plus incertaine. « Tous tant que nous sommes jeunes, nous chantons comme des passereaux sur un tas de fumier, écrit Tchekhov. À quarante ans, nous sommes déjà vieux et nous nous mettons à penser à la mort. Quelle sorte de héros sommes-nous ? » Quelle sorte d’héroïnes sont-elles ? Au bord du désespoir et de la crise de nerfs, elles luttent en vain contre la puissance corruptrice du temps. L’ironie de Tchekhov laisse alors place au rire jaune de Copi qui, tel un puissant révélateur, expose au grand jour l’absurde de la condition humaine.