Écriture

  • Pays d'origine : Japon
  • Titre original : Mindscapes at Somewhere else
  • Date d'écriture : 2017
  • Date de traduction : 2017

La pièce

  • Genre : monologue
  • Décors : aucun
  • Nombre de personnages :
    • 1 au total
  • Durée approximative : inconnue
  • Domaine : protégé, Compagnie Cheltfish

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Dans ce long monologue, Toshiki Okada livre les réflexions intimes d'un metteur en scène japonais à la recherche d'une forme de théâtre nouvelle où les acteurs cesseraient de jouer des personnages et seraient eux-mêmes en temps réel. Autrement dit, ce qu'il est lui-même en train de faire sur scène sous les yeux des spectateurs.

Sa réflexion, entremêlée de souvenirs, commence à Dubaï : il attend une correspondance pour se rendre en Australie où il doit donner des ateliers de théâtre. Il décrit en détail sa vie de saltimbanque, de « migrant privilégié », passant le plus clair de son temps à voyager à travers le monde avec sa troupe, pour des tournées qui le mènent en Suisse, en France, aux Etats-Unis, et permettent à sa compagnie de survivre. Au Japon même, le public de ses spectacles d'avant-garde est très limité. Pourtant, à l'étranger on ne cesse de lui répéter que ce qu'il fait est « très japonais » ou encore « influencé par le zen » et il souffre de voir son travail uniquement perçu dans une perspective exotique, alors qu'il est à la recherche d'une forme universelle de théâtre. Le texte se termine à Adélaïde, où l'atelier qu'il devait donner est interrompu par une violente tempête. Okada se retrouve seul dans sa chambre d’hôtel, coupé du monde par une panne d’électricité généralisée qui lui permet ce temps de retour sur lui-même et sur son travail - temps durant lequel il écrit ce texte.

Regard du traducteur

Cette « pièce » écrite spécialement par Toshiki Okada pour le metteur en scène français Jérôme Wacquiez dans le cadre d'une collaboration, a été rédigée à destination du public français. L'auteur y livre ses réflexions non seulement sur ses voyages, sur son métier, sur la vie de sa troupe en tournée à l'étranger, mais aussi sur la réception de ses pièces en Europe. La partie la plus intéressante est celle où il confie sa détestation de la société japonaise actuelle (« Ce pays, le Japon, me fatigue, m’indiffère même, et quelque part je suis assez fier de jeter des coups d’œil de côté, comme ça, sur sa dégénérescence. »), et le trouble où le plonge ce paradoxe : en Europe, la critique comme les spectateurs le ramènent en permanence à une « japonité » à  laquelle il s'efforce d'échapper.

Sous forme de monologue ininterrompu, pratiquement sans retour à la ligne, le texte est bien dans la ligne de ce dramaturge, dont les personnages sont souvent atteints de logorrhée. Il comporte un certain nombre de longueurs mais force l'intérêt parce qu’Okada y livre avec sincérité le déroulé de sa pensée. Certains passages, qui intéresseraient peut-être le spectateur japonais curieux de l’Europe, paraissent un peu répétitifs, voire inutiles, s’adressant à un public français (longues réflexions sur la ville de Genève, le confort ou les retards d'Air France, etc.). Mais ce texte brut - sans personnages, sans didascalies - qui parle avant tout de théâtre me semble offrir au metteur en scène français une matière originale à s’approprier et à retravailler.